Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 23:30

Aurora Borealis... Si je tenais le crétin qui a sorti ça de sa chapka en poil de renne, je la lui ferais bouffer. Je te le dis moi.

Aurora Borealis, wiki-pédant t'explique qu'il y est question d'éruptions solaires, de photons et d'atomes d'azote à l'état "excité" (sic) et blablabla etc.  Et que dis donc c'est là-haut chez le Lapon pendant les vacances scolaires des petits parisiens que c'est drôlement mieux pour les voir... Bien sûr...

Et que c'est beau et magique, à en crever. Que c'est entre 23H00 et 4H00 du mat que t'as de grosses opportunités d'en zieuter et que plus jamais ta vie sera pareil et blablablabla... Et que c'est précisément pour voir cette chose si magique et mystérieuse que t'es venu t'engelurer là au lieu d'aller au Loukea Beach Klub de Boa Vista boire des margaritas frozen. 

Nan, toi t'as préféré crever frozen tout court. A la frontière Russe. A attendre comme un Kon par moins 40 dans une doudoune de beauf marquée Canadian Loose, en rezieutant le ciel polaire nocturne dans l'espoir de voir la tienne de Borealis truc.

Et nada. Bien sûr.  Dis, tu sais qu'ils sont finauds ces Finnois?
Ce qu'ils sont pas aller inventer là pour faire venir le klanpini touristi jusque dans leurs forêts de bouleaux enneigés! Plus c'est gros, plus tu gobes! Et pis de la photo qu'on t'illustre : des bleus, des roses et des vers qui zèbrent le ciel qu'on se croirait dans "Rencontre du 3ème type avec Truffaut"!  Sauf que le tien de Truffaut c'est celui qu'à planté les sapins et les bouleaux.  Et le 3ème type, c'est celui qu'à dit au deuxième qu'il tenait du premier qu'il en avait vu une grosse verte (de Borealis machin).  N'importe quoi.
 Moi j'ai rien vu. Et Heikki-patron auprès de qui je m'inquiétai, m'a dit avec un sourire finnois :
"Hei Hei Ho Ho, sorrrrrri boute Revontouli are not verrrrrrri active zis yeur". Mouais.
Not verrri active zis yeur. Last yeur non plus d'ailleurs si tu lis avec attention le guest book à  l'office du tourisme.
Revontouli.
Ils y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour le nom. Une aurore boréale se dit littéralement en Finnois : "feu du renard" ou "queue du renard" je sais plus bien. Il y est question d'une légende où un renard se baladerait dans le ciel en remuant la queue ce qui ferait un genre d'étincelle verte dans les nuages... Pffffrrrrtt. Qui c'est qui fait des étincelles avec sa queue chez les mammifères? T'en connais toi? Faut dire que la Koskenkorva titre à plus de 50°. De la vodka de ce calibre ça te fait voir des queues de renard pas que dans les nuages tu sais. Bon, mais y'a deux ou trois touristi bourrés qui ont cru la voir bouger dans le plafond nuageux vers 3H00 du mat alors les locaux se sont dit que ça pouvait constituer un genre de dahu propre à attirer le gogo. Et ça fonctionne.
"On reviendra l'an prochain pour vérifier si elles deviennent "more active hei hei"! Oki oki?"
C'est ça qu'il dit le Finnois mort de rire. Reviens-nous donc chasser la queue du renard mon gars!" On en mettra une deuxième au frais!

Th.

Par Thérèse
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 13:12
Le Finnois n'est pas une langue indo-européenne. C'est parfaitement indiqué dans le guide du voyageur cool et conscient de l'Identité des populations locales.
Pas la peine de chercher une vague ressemblance avec n'importe quel dialekt que le routard moyen connaitrait un poil. Même le voisin Swedish à l'air de parler un patois de chez nous  comparé à l'incroyable richesse du Finnois. Le Finnois c'est nouveau. Et tant mieux. Le dépaysement est total à quelques encablures de chez les Chtis.
Tant mieux jusqu'au moment où il s'agit de faire les courses au Supermerkkatiii.
Là, un truc aussi kon qu'acheter  un bocal de cornichons prend tout de suite une tournure inattendue. Un genre de percée en territoire inconnu : "Moi vouloir cornichon, toi dire moi où c'est-y? Hei hei?"
 Il faut dire que le Finlandais fourre du cornichon un peu partout. Du gros "Gurken" sucré, du Mallossol à la Russe. Mmmmhhhh! C'est bon avec du renne sèché, du saumon fumé, du konkombre masqué, du hareng roulé. Bref, avec tout. Au bout de deux jours, ton palais en redemande. Alors tu te rues chez Supermerkkkaaaaatiiiii...
Dans un rayon, tu repères un bocal avec un truc dessiné qui ressemble à un cornichon. Mais toi, tu ne veux pas de cette chose industrielle ridiculement petite. Tu veux un vrai Gros Gurki fait maison, que tu achèterais dans un bidon en plastik bleu, dans sa saumure artisanale, comme il est indiké dans le guide pourrrrriiiii acheté à Parrriiii. Au bout d'un temps certain, tu finis par t'approcher de la chef de rayon Olpa (c'est écrit dessus). Tu as pris soin de mémoriser le nom du Kornichon lokal ékrit sur le bokal, et après avoir pris une profonde inspiration tu te lances avec ton plus joli sourire de Frenki  respektueux de la richesse de l'identité lokale:
"Aïe Ouante heu Pikkouk-Kouourkououk-Ki-Yaaaaa. Ahhhh!"
En ayant bien soin de détacher chaque lettre, comme il est rekommandé dans le gnagnagna de merde... c'est ça.
Olpa continue d'épousseter tranquille le rayon Läähhdevesi (eaux minérales naturelles non pétillantes) sans te prêter trop attention. Comme tu réitères ta question en détachant encore mieux les syllabes, elle soupire d'un air pas trop Kontent et se barre ranger les Vapaaan Kanan Muniaaaa (les oeufs. Ben oui je sais c'est long, mais en même temps quand tu réfléchis à ce qu'endure une poule pour en arriver là, tu te dis que ça mérite bien trois mots un peu komplexes).
Tu te doutes alors que ta prononciation est imparfaite et qu' au lieu de lui demander du Kornichon, tu as dû la traiter de Konne.  Tu laisses tomber.
De rage tu te rabats sur un pot de miel artisanal à la lavande, traduit à priori  en allemand, où tu comprends vaguement qu'il est meilleur si tu le tartines sur du pain bien chaud passé au four.
Le pot régalera pendant trois petits déjeuners-Früstuck ta famille bien heureuse de tartines au miel.
Ce n'est que le mardi suivant que Juoni-patronne (la femme de Heikki-patron le chef du motooooriekkkellkkka), s'exclamera dans un anglais délicieux:
"Ahhhhh! You have trrrraïe the Sauna-Honey?  Vondeurfoullll!"
Et de me montrer comment on se tartine (éveryouère hein!) avec le miel à la kon, avant de s'enfourner à bonne température dans le sauna pour faire pénétrer le Honey dans ton Korps merveilleusement hydraté.
C'est vrai qu'en y repensant, t'avais pas bien kompris pourkoi ils foutaient le miel du petit déjeuner avec les krèmes Nivea...
Th.
Par Thérèse
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 19:07

Mootoooorikkkelkka.

Aahhhh! Kel joli nom que voilà. kel poési dans ces kelki lettrri!

En roulant bien tous les "rrrr" et en trainant langoureusement tous les "o" derrière soi. En claquant la langue sur le "a" final comme le ferait Brigitte Fontaine avec gourmandise (c'est pour les aficionados   de Jaki Higèle Hein?).

Donc Mootooorikkkelkka. Le guide de merde le recommande chaudement, bien sûr.

Ce matin, comme il faisait estival, le Heikki-patron du chalet nous a emmené en piki-nikki à la frontière norvégienne. En motoneige. "Snow mobile safari" ils traduisent ça. Je préfère nettement le version laponne : Mootoooori etc...

C'est vrai qu'un petit -22° de chez Celsi rassure tout de suite. "Oh Oh Oh Hei Hei!" a lancé joyeusement  notre père Lapon ce matin.

Ce qui signifie à peu près :  "Allons bande de touristi Frenki, allons nous geler le ku!"

Nous voici donc partis, sous 8 couches de kombi, 7 paires de mouffli et des bottes de 7 li. Une kagouli en polari et un kaski de motoski sur la tronchki. Avec ça te dis-tu, point de frimas n'est-ce pas?

Oh oh oh Haïe Haïe! Trippplllle Kon!  Gravissime erreur de débutant.

Même théorème qu'en après-ski : les distances à motoneige  parraissent plus grandes surtout en fin de journée. C'est fou comme les 6 premières heures paraissent moins longues que les 2 dernières à la nuit tombée, après que Heikki-patron aie foutu son traineau de merde dans une pile de pont et lui pète le patin gauche direkt. J'essplikkk:

Heikki-Patron tire derrière son moto neige un gentil traineau de père Noël en bois à 10 places avec des tas de peaux de bêtes. Pour le cas où les enfants (Kidi) auraient froid. On les fourrerait alors dans le traineau sous des couches de rennes morts et les parents pourraient continuer à se geler le kul tout seuls chacun sur leur Mooootoooorikkkkelkkkon.

Bon mais là, Heikki-patron a eu un coup de mou vers 15H48. Une hypoglicémi sans doute. Et en se retournant pour voir si les toursiti suivaient bien, il a voulu sauter direkt du pont sur le bord du laki geli et paf, dans la pile du pont. Autant dire que le traineau de Santa Klaus a fait la gueule tout de suite ainsi que Heikki-Patron un peu vekssi. "Hop Hop Hop Heïe Haïe Houïe! " s'est- il immédiatement eksklamé. Ce qui en gros pourrait se traduire par "Kelle buse je fais, bordel de merde ! Vla encore pour 1000 boules de réparati pour le printemps. Ca va faire marrer les kopains au Troki. Fais chi!"

Bon tout ça pour dire, que le motoneige même par -22, c'est chiant. Ca pèle. As-tu déjà essayé de monter sur l'aile de l'Airbus quand il est en vitesse de croisière à 8000? Nan? Hé ben t'as raison. Il y fait frais. La sensation la plus proche c'est de conduire une tondeuse à gazon assis sur le moteur en tenant le manche à l'envers. Mais pas une Flimo de merde sur coussin d'air pour bourgeois de Viroflay sur pelouse de 42m2. Non, sur une grosse tondeuse à pré de chez moi dans l'est,  ou une pour raser les stades de foot. Et tu la pousses à 50km/h et tu te fais toutes les taupinières en passant. Et tu te mets dans le freezer.

Vers 18H47, comme la lune se foutait de notre gueule, j'ai commencé à ne plus sentir mes narines. Ni mes joues. J'ai aussitôt pensé "paralysi faciali touristi pikari" avec une pointe d'anxiété. Le chirugien avait raté mon nerf facial en septembre, Heikki-Patron allait me niquer les deux d'un coup de motoneige en février.

 Et puis j'ai réalisé qu'il était bien normal que j'aie froid, puisque la Kagouli sous le casque était congelée (**** comme chez LG). Mais vraiment gelée : Dure et roide. Comment espliker?  Tu vois les filets de flétans de chez Picard? Les chers là, les grands si bons avec un filet d'huile d'olive au four... Bon. hé ben tu fonces en acheter un sachet et tu te fourres la tête dans le plastique avec les flétans à l'intérieurs. En ayant bien soin de te coller un gros filet sur le nez entre les deux yeux. C'est ça la sensation la plus proche de la cagoule surgelée.

Autant dire qu'avec cette histoire de patin pété, on est rentrés moins joyeux qu'à l'aller. Mais à une vitesse très supérieure à celle recommandée par le routard. Heikki-patron en avait plein le ku, on comprend ça. Et il nous a mis deux bons km dans la vu. Dans le noir, connaissant encore mal la topographie du coin, on a patiné un peu. Au-delà de 51km/h tu perds vite ton passager. En l'occurence les mômes. Qui ont arrêté de se plaindre du coup. "Si tu continues à chouiner que t'as les pieds engelurés, je t'accroche à un poteau télégraphique et je t'y laisse jusqu'au dégel. Et là tu verras comme c'est haut sans la neige!"

Motoooooorikkkkkelkkkkahhhhhh!

Vos krevassss n'ont pas de prix. Pour tout le reste il y a masterkaaaarrrrddd. 420€.

Th.

Par Thérèse
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 19:03

Par -44° de chez Celsius, la première chose qui frappe c'est comment les trucs d'habitude si proches, ont l'air si loin à pied.

Par ezemple, la boulangerrri. Elle a l'air à 300m comme ça à vue de nez. He ben en réalité (augmentée) Lapone elle est à 2heures de marche.

A propos de vue de nez d'ailleurs, le premier machin qui gèle par ce léger frimas, c'est la narine. Ah oui, c'est comme je vous le dis. Tu sors, tu respires un grand coup (comme il est recommandé dans le Routard pour avoir la sensation délicieuse de l'air si pur), et tes narines se collent naturellement à la cloison nasale... et y restent bien contentes et gelées. Du coup, tu ne respires plus très bien. Alors tu ouvres la bouche gros naze (de nasal) que tu es. Et là c'est ta glotte qui fait stalagtite (elle descend; donc ce n'est pas une stalagmite). Donc tu meurs : Touristi pikarri (c'est ça, Mort par congélation, si tu as bien retenu la première niouzi-lessoni of Lapish).

En deuze, le truc qui gèle c'est tes yeux. J'essplikk.

Comme tu as respiré l'air si pur et délicieux du guide du routard (de merde), tu es zému. C'est bien naturel. car tu es d'une nature sensible si tu es venu t'enterrer là, alors que tu aurais pu aller au club Loukéa à Cabo Verde danser la saudade avec Césaria aux pieds nus. (ici les pieds nus t'oublies, ça ne s'applik qu'au sauna). Bref, ému, tu verses une larme n'est-ce pas? Ahhh le triple Kon! Une larme! par -40!! T'imagines un peu? Ouala. Stalag-tite encore une fois. Au bout des cils. C'est mal commode pour y voir. Déjà que tu respires plus. Tu n'y vois goutte. D'où le célèbre regard glacial et bleuté du Vikking. Tu parles. Juste des stalagtites dans les mirettes. Pas de quoi nous en chier une pendule ou en faire une légende non plus.

Après, vu que tu es mort, je ne sais pas trop ce qui gèle dans l'ordre.

 
Th

Par Thérèse
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 18:57

Un séjour en Laponie est un merveilleux prétexte à niouzi (tout finit par "i" ici).

Commençons par une leçon de survie à usage du Frenchi :

Un truc très con de bourgeois nanti et un grand classique de mort prématurée de touriste c'est de louer un gros bateau, et une fois en pleine mer (à distance respectable des côtes) de sauter du bateau en famille en oubliant de descendre l'échelle : mort par noyade d'épuisement (avec traces de griffures sur la coque). Ca c'est pour les croisières en méditerranée.

L'équivallent Lapon c'est le sauna. J'essplikk :

Le Frenchi veut se la péter Lapon. C'est bien normal. Le Frenchi se rue dans le sauna. Pour frimer, il va (comme il est recommandé dans le routard) se jeter à poil dans la neige par -38 en gueulant "je l'ai fait! je l'ai fait! Chuis un vrai Lapon!" et en laissant la clef du chalet à l'intérieur, une fois la porte claquée. "chuis un vrai kon" aura donc été sa dernière parole avant de claquer prématurément congelé debout avec sa famille. "Touristi Pikari" sera écrit dans la gazette locale le lendemain (Mort de touristes par congélation). Klassiki.

Nous on a d'abord jeté la petite dehors dans la neige après le sauna, pour voir si elle gelait. (J'ai des photos pour la Ddass). Comme elle continuait à dérailler pareil que si elle était au chaud, ("je suis un agent secret à poil, chuuuut") on en a déduit qu'on pouvait jeter le grand, puis  le père, puis moi (avec un pareo balinais au cas où un Hekki local s'en viendrait à passer en traineau- je tiens à ma dignité). Là les mômes ont refermé laporte du chalet en nous regardant morts de rire à poil dehors à travers le carreau...

On les donne en rentrant à qui veut. On paye une pension mensuelle.

C'est bien pour une première niouzi.

 

Th

Par Thérèse
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